﷽
Assalamou aleikoum wa rahmatou llahi wa barkâtouh,
Le riba en islam fait partie des péchés majeurs. Malheureusement, al riba est méconnu du grand public. La majeure partie d’entre nous tombe un jour dans cette interdiction sans la comprendre.
Dans cet article, relu et enrichi avec les retours de notre sharia board, nous expliquons humblement ce qu’est le riba, communément traduit par l’usure, en islam : ses deux catégories, la sagesse derrière son interdiction, quelques-unes de ses formes dans l’économie moderne et comment les éviter.
Toute erreur vient de nous-mêmes et la réussite vient d’Allah.
Qu’est-ce que le riba en islam ?
Chaque terme utilisé dans la terminologie religieuse possède deux définitions : linguistique et islamique. C’est le cas du mot « al-riba ».
Al Riba en arabe
Al-ribâ (الربا) est le nom d’action du verbe rabâ (ربا), qui signifie « s’étendre », « croître », « ajouter », selon la définition du dictionnaire al-ma’ânî, confirmée par le lisan al-‘arab (6/92). Ribâ en arabe signifie donc que la chose désignée « s’étend » et « croît ».
Cette définition linguistique est confirmée par le verset 276 de la sourate al-Baqara, qui dit, selon une traduction rapprochée :
« Allah anéantit le riba et Il fait croître les aumônes. Et Allah n’aime pas le mécréant, pécheur. »
يَمْحَقُ ٱللَّهُ ٱلرِّبَوٰا۟ وَيُرْبِى ٱلصَّدَقَٰتِ ۗ وَٱللَّهُ لَا يُحِبُّ كُلَّ كَفَّارٍ أَثِيم
سورة البقرة، الآية 276
Le terme traduit par croître est le verbe rabâ. Le terme riba en arabe est souvent traduit en français par « usure ». L’usure, en français, désigne un ajout abusif et démesuré. En langue arabe, al riba désigne tout ajout, important ou non. Cette traduction doit donc être utilisée avec prudence et conscience, afin de ne pas s’égarer et égarer.
Petite précision : nous avons décidé de faire référence au terme Ribâ au masculin, comme il est le cas en arabe. Le mot Ribâ n’existe pas en français à proprement parler, il s’agit ici d’un emprunt de l’arabe, car aucune équivalence exacte n’existe en dehors de la langue arabe.
La définition du riba dans la législation islamique
Le riba dans la langue (arabe) signifie l’augmentation (le surplus). Dans la législation islamique (As-Shar’), il s’agit d’une augmentation (un surplus) dans des choses spécifiques.
Il se divise en deux catégories : l’usure de report (riba an-nasi’ah) et l’usure de surplus (riba al-fadl). [Voir : Al-Mulakhkhass Al-Fiqhi du Cheikh Salih Al-Fawzan, Dar Ibn Al-Jawzi, 1/29]
Les types de riba en islam
Il existe donc deux types de riba en islam : le riba al-fadl, dit de surplus (ou de solde), et le riba an-nasi’ah, dit de report.
Riba al-fadl : l’usure dans le troc ou la vente de biens
L’usure de surplus (riba al-fadl) est dérivée de al-fadl, qui désigne l’augmentation (le surplus) dans l’une des deux contreparties. La législation islamique (As-Shar’) a textuellement stipulé son interdiction dans six choses, qui sont : l’or, l’argent, le blé, l’orge, les dattes et le sel.
Ainsi, lorsque l’une de ces choses est vendue contre sa propre nature (son propre genre), l’inégalité de quantité (at-tafadul) entre elles est interdite. [Voir : Al-Mulakhkhass Al-Fiqhi du Cheikh Salih Al-Fawzan, Dar Ibn Al-Jawzi, 1/30]
Le riba al-fadl désigne ainsi tout surplus concret perçu lors d’un échange direct entre deux biens qui se vendent au poids ou à la mesure. L’un des principaux hadiths sur riba et son interdiction mentionne l’interdiction du surplus.
Le Prophète ﷺ a dit : « De l’or contre de l’or, de l’argent contre de l’argent, du blé contre du blé, de l’orge contre de l’orge, des dattes sèches contre des dattes sèches, du sel contre du sel : quantité égale contre quantité égale, main à main. Celui qui donne un surplus ou prend un surplus tombe dans l’intérêt… » Hadith rapporté par Muslim, n°1584.
Ce hadith pose des problématiques d’égalité, de mesure et de poids dans nos échanges commerciaux. Il devient strictement interdit d’échanger les produits cités entre eux, avec un surplus. En pratique, vendre 500 grammes de dattes contre 600 grammes est du riba. À notre époque, cette forme de riba ne peut pratiquement subsister que sur l’or et l’argent, du fait de la disparition quasi-totale du troc.
Les savants des différentes écoles juridiques ont divergé sur le sens exact de ce hadith et de ce qu’il implique. Il y a consensus sur le fait que le riba al-fadl existe dans les six catégories citées par le hadith : or, argent, blé, orge, dattes, sel. Et il y a divergence sur le fait de faire ou non une analogie avec d’autres catégories. Cette divergence concerne uniquement le riba sur la vente.
Riba an-nasi’ah : l’usure dans le prêt et le report
L’usure de report (riba an-nasi’ah) est dérivée de an-nas’, qui signifie le retardement. Elle est de deux types :
- Le premier : le renversement de la dette sur le débiteur en difficulté. C’était là l’origine du riba à l’époque de la Jāhiliyyah (l’ère pré-islamique). Un homme détenait une créance à terme (à échéance différée) envers un autre homme. Lorsque le terme arrivait à échéance, il lui disait : « Rembourses-tu ou augmentes-tu (l’usure) ? » S’il le payait, (l’affaire était réglée), sinon, l’un prolongeait le délai et l’autre augmentait la somme d’argent. L’argent se démultipliait alors dans la responsabilité (la dette) du débiteur, et Allah a donc interdit cela.
- Le second : ce qui a lieu dans la vente de deux biens de même nature (genre) qui s’accordent sur la cause légale (‘illah) de riba al-fadl, avec le retardement de la prise de possession (qabd) des deux biens ou de l’un d’eux. Comme la vente d’or contre de l’or, d’argent contre de l’argent, de blé contre du blé. De même, la vente d’une nature (genre) contre une autre nature parmi celles mentionnées, de manière différée (à terme). Et tout ce qui partage la même cause légale (‘illah) que ces choses suit la même règle. [Voir : Al-Mulakhkhass Al-Fiqhi du Cheikh Salih Al-Fawzan, Dar Ibn Al-Jawzi, 1/29-30]
Le riba an-nasi’ah recouvre donc notamment le prêt à intérêt. Le riba dans le prêt concerne toute chose, par consensus des savants, y compris les monnaies de notre époque. L’imam Ibn Hazm a dit : « Le riba dans le prêt concerne toutes les choses. Cela est un consensus certain. »
Nous ne pouvons donc pas nous limiter aux 6 catégories citées dans le hadith sur riba al-fadl. En pratique, prêter 500 grammes de blé, contre 1 kilogramme dans 6 mois est du riba. Prêter 100 euros contre 150 euros dans 2 semaines est du riba. Ceci, à l’unanimité des savants.
L’interdiction du riba dans l’islam
L’interdiction du riba dans le Coran et la sunnah fait l’objet d’un consensus.
Versets sur le riba en islam
Les versets sur le riba dans le Coran sont nombreux. Nous en avons sélectionné un petit nombre, afin d’exposer sa gravité.
« Ceux qui mangent [pratiquent] de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu’ils disent : « Le commerce est tout à fait comme l’intérêt » alors qu’Allah a rendu licite le commerce, et illicite l’intérêt. ». Traduction approchée du début du verset 275 de la sourate al-Baqara.
ٱلَّذِينَ يَأْكُلُونَ ٱلرِّبَوٰا۟ لَا يَقُومُونَ إِلَّا كَمَا يَقُومُ ٱلَّذِى يَتَخَبَّطُهُ ٱلشَّيْطَٰنُ مِنَ ٱلْمَسِّ ۚ ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ قَالُوٓا۟ إِنَّمَا ٱلْبَيْعُ مِثْلُ ٱلرِّبَوٰا۟ ۗ وَأَحَلَّ ٱللَّه ٱلْبَيْعَ وَحَرَّمَ ٱلرِّبَوٰا۟
سورة البقرة، الآية 275
Ici, il y a également une réponse à l’argumentation, encore existante de nos jours, consistant à dire que le riba, l’usure, est une forme de commerce. La vente de biens avec profit est encouragée et louable en islam, tandis que les intérêts sont formellement interdits.
« Ô les croyants! Craignez Allah; et renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire, si vous êtes croyants. Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’annonce d’une guerre de la part d’Allah et de Son messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés ». Traduction approchée des versets 278-279 de la sourate al-Baqara
يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ ٱتَّقُوا۟ ٱللَّهَ وَذَرُوا۟ مَا بَقِىَ مِنَ ٱلرِّبَوٰٓا۟ إِن كُنتُم مُّؤْمِنِينَ. فَإِن لَّمْ تَفْعَلُوا۟ فَأْذَنُوا۟ بِحَرْبٍۢ مِّنَ ٱللَّهِ وَرَسُولِهِۦ ۖ وَإِن تُبْتُمْ فَلَكُمْ رُءُوسُ أَمْوَٰلِكُمْ لَا تَظْلِمُونَ وَلَا تُظْلَمُونَ
سورة البقرة، الآية 278 و 279
Ce verset prouve qu’al riba fait partie des péchés majeurs en islam. Ce point est détaillé dans le livre « Commentaires sur les Grands Péchés de l’Imam Adh-Dhahabi », du cheikh Al-‘Uthaymīn.
« Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens aux dépens des biens d’autrui ne les accroît pas auprès d’Allah, mais ce que vous donnez comme Zakat, tout en cherchant la Face d’Allah (Sa satisfaction)… Ceux-là verront [leurs récompenses] multipliées ». Traduction approchée du verset 39 de la sourate Ar-Rûm
وَمَآ ءَاتَيْتُم مِّن رِّبًۭا لِّيَرْبُوَا۟ فِىٓ أَمْوَٰلِ ٱلنَّاسِ فَلَا يَرْبُوا۟ عِندَ ٱللَّهِ ۖ وَمَآ ءَاتَيْتُم مِّن زَكَوٰةٍۢ تُرِيدُونَ وَجْهَ ٱللَّهِ فَأُو۟لَٰٓئِكَ هُمُ ٱلْمُضْعِفُونَ
سورة الروم، الآية 39
Hadith sur le riba en islam
De nombreuses preuves issues de la sunnah du prophète ﷺ viennent également appuyer l’interdiction. Nous en avons sélectionné quelques-unes, parmi les plus importantes.
Le Prophète ﷺ a dit :
D’après Jabir Ibn ‘Abdillah, le prophète ﷺ a maudit celui qui mange le Riba (1), celui qui le lui fait manger (2), celui qui l’écrit (3) et les deux témoins (4) et il a dit : « Ils sont égaux (5) ». Rapporté par Muslim dans son Sahih n°1598.
(1) C’est-à-dire la personne qui prend le Riba. (2) C’est-à-dire la personne qui donne le Riba. (3) C’est-à-dire la personne qui écrit le contrat. (4) C’est-à-dire les témoins de la transaction. (5) C’est-à-dire dans le péché.
Le Prophète ﷺ a également placé le riba parmi les sept péchés destructeurs : « Évitez les sept (péchés) pernicieux », c’est-à-dire destructeurs. « Nous dîmes : Et que sont-ils, ô Messager d’Allah ?! Il dit : L’association à Allah (le Shirk), la sorcellerie, le meurtre de l’âme qu’Allah a rendue sacrée sauf de plein droit, et le fait de manger (consommer) le Riba, et le fait de manger les biens de l’orphelin, la fuite le jour du combat, et la calomnie des femmes chastes, croyantes et insouciantes ». Rapporté par Al-Bukhari n°2766 et Muslim n°89.
Le statut du riba et sa gravité
Le Cheikh Abdul Aziz bin Baz, qu’Allah le Très-Haut lui fasse miséricorde, a dit :
« Le Riba fait partie des plus grands péchés (Al-Kaba’ir), et Allah a menacé (ses auteurs) de châtiments immenses. Il a dit, Exalté et Glorifié soit-Il, dans Son Livre sublime : {Ceux qui mangent [pratiquent] de l’intérêt usuraire ne se tiendront (au jour du Jugement Dernier)} c’est-à-dire : de leurs tombes {que comme se tient celui que le toucher du diable a bouleversé} [Al-Baqarah:275]. C’est-à-dire : il ne se lève de sa tombe que comme un fou, et ceci est un châtiment, et nous cherchons refuge auprès d’Allah, spécifique à cet usurier.
Et Il a dit, Exalté et Glorifié soit-Il : {Allah anéantit le Riba et fait fructifier les aumônes} [Al-Baqarah:276], Il a menacé d’anéantir le Riba, d’anéantir les biens du Riba et d’en retirer la bénédiction.
Il a dit, Exalté et Glorifié soit-Il : {Alors qu’Allah a rendu licite le commerce, et illicite l’intérêt. Celui, donc, qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu’il a acquis auparavant; et son affaire dépend d’Allah. Mais quiconque récidive… alors les voilà, les gens du Feu ! Ils y demeureront éternellement} [Al-Baqarah:275]. Ceci est une immense menace, quiconque retourne au Riba, Allah l’a menacé du Feu, et ceci est une menace immense, la prudence est obligatoire.
Et Il a dit, Exalté et Glorifié soit-Il : {Ô les croyants ! Craignez Allah, et renoncez au reliquat du Riba, si vous êtes croyants. Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’annonce d’une guerre de la part d’Allah et de Son messager} [Al-Baqarah:278-279]. Il a donc fait du Riba une guerre contre Allah et Son messager, et ceci est une menace immense, qui prouve la grandeur du péché et l’énormité du péché.
Le devoir est donc de prendre garde au Riba sous toutes ses formes. Et il a été authentifié de la part du Messager d’Allah ﷺ qu’il a maudit celui qui mange (consomme) le Riba, celui qui le fait manger (le client/le fournisseur de l’usure), son scribe (celui qui écrit le contrat) et ses deux témoins [Rapporté par Muslim, 1598], et il a dit : « Ils sont égaux ». Allah a donc mis en garde contre le Riba, a informé que ses partisans sont dans le Feu et les a menacés du Feu, et le Messager ﷺ les a également maudits pour la souillure de leur acte.
Le devoir pour le musulman est donc de craindre Allah, de demander des comptes à lui-même à ce sujet, et de prendre garde à toutes les formes de Riba dans toutes ses transactions ; car le Riba fait partie des plus grands péchés, comme l’a clarifié Allah, Exalté et Glorifié soit-Il, dans ces versets que tu as entendus, et dans la parole du Prophète ﷺ : « Évitez les sept (péchés) pernicieux », c’est-à-dire : destructeurs, « Nous dîmes : Et que sont-ils, ô Messager d’Allah ?! Il dit : L’association à Allah (le Shirk), la sorcellerie, le meurtre de l’âme qu’Allah a rendue sacrée sauf de plein droit, et le fait de manger (consommer) le Riba », il l’a placé parmi eux [les sept], « et le fait de manger les biens de l’orphelin, la fuite le jour du combat, et la calomnie des femmes chastes, croyantes et insouciantes » [Rapporté par Al-Bukhari 2766, et Muslim 89]. Calomnier la femme chaste, insouciante et croyante en lui imputant la turpitude (la fornication) fait partie des plus grands crimes, des plus grands péchés pernicieux.
Le but recherché : c’est que le Riba fait partie des plus laides des mauvaises actions, et des plus laides des grands péchés… parmi les sept destructeurs, nous demandons à Allah la préservation. »
La sagesse derrière l’interdiction du riba
Et la sagesse derrière l’interdiction du riba est qu’il contient une consommation des biens des gens de manière injuste (sans droit) ; car il contient un préjudice envers les pauvres et les nécessiteux en démultipliant les dettes sur eux lorsqu’ils ont besoin de les rembourser ; et parce qu’il contient une rupture de la bienfaisance (al-ma’ruf) entre les gens, la fermeture de la porte du prêt vertueux (al-qard al-hasan), et l’ouverture de la porte du prêt à intérêt qui alourdit le fardeau du pauvre ; et il contient une paralysie des gains, des commerces, des métiers et des industries par lesquels les intérêts des serviteurs ne s’organisent que grâce à eux. [Voir : Massā’il Fiqhiyyah Mu’assirah du Cheikh Abdul Rahman bin Abdullah As-Sanad, Président Général de la Commission pour l’ordonnance du bien et l’interdiction du blâmable en Arabie Saoudite et Enseignant aux Deux Saintes Mosquées, p. 544]
Le riba dans la finance classique : les formes les plus fréquentes en France
L’économie traditionnelle est basée en grande partie sur le riba an-nasi’ah. Il s’apparente au prêt à intérêts usuraires de notre époque. Le musulman doit tout faire pour s’en prémunir. Le croyant doit commencer par s’informer, car le savoir met à l’abri du péché.
Les intérêts en islam : le crédit immobilier
Le crédit immobilier consiste à signer un accord avec la banque, afin d’emprunter la somme nécessaire à l’achat d’un appartement ou d’une maison. En contrepartie du prêt et du remboursement échelonné, généralement sur plusieurs années, l’emprunteur rembourse avec des intérêts.
Ce contrat comporte du riba al-fadl : la banque échange de la monnaie contre son équivalent, avec un surplus. Ainsi que du riba an-nasi’ah, car l’ajout est justifié par le report du paiement.
Cette forme de riba est certainement la plus fréquente. Elle est d’ailleurs légitimée par certains, du fait de la prétendue « nécessité » d’acquérir un bien immobilier. En réalité, cette affirmation est faussée dès le départ, pour 2 raisons.
- D’abord, il est possible de vivre normalement et décemment sans posséder sa résidence principale, dans la majeure partie des cas.
- Ensuite, avec les bonnes méthodes et le bon état d’esprit, le tawakkul ‘ala Allah, nous sommes en mesure d’acquérir un bien immobilier, sans passer par un crédit bancaire. C’est d’ailleurs ce dont nous témoignons dans notre livre « Propriétaire sans ribâ », racontant notre parcours d’achat d’un appartement en Île-de-France, sans avoir recours au crédit (et sans l’héritage d’une tante fortunée). Cela requiert de faire les causes, avec patience et persévérance, de connaître les bonnes méthodes, mais rien n’est impossible avec l’aide d’Allah.
Pour ceux qui souhaitent investir dans l’immobilier sans riba, nous avons également étudié le cas de Dubaï dans notre article « Investir dans l’immobilier à Dubaï », un marché où l’achat sans crédit bancaire est courant, et que notre agence Maison RMC accompagne de bout en bout.
Le crédit immobilier soulève également la question de l’endettement sur une longue durée.
Il vaut mieux être proactif pour se libérer de tout crédit le plus vite possible.
Les livrets d’épargne
Les livrets d’épargne type livret A sont également illicites d’un point de vue islamique et comportent du riba.
Lorsqu’une somme d’argent est déposée sur ces comptes, il s’agit en réalité d’un prêt fait à la banque. L’argent est prêté et l’établissement bancaire en dispose comme il le souhaite. Cela pose aussi des problèmes éthiques : dans quoi notre épargne est-elle dépensée et que finance-t-elle ?
En contrepartie, la banque verse chaque année des intérêts pour « remercier » le prêteur. Cet ajout est conditionné dans le contrat et le taux est su au préalable et garanti. Il y a donc monnaie contre monnaie, avec un surplus. Il s’agit très explicitement d’al riba.
Pour assurer une épargne, voici 2 solutions simples et licites, cumulables, la deuxième étant même beaucoup plus rentable que des livrets qui ne couvrent généralement même pas l’inflation :
- Ouvrir un second compte courant, dédié à l’épargne, en limitant les risques de sécurité comme expliqué dans notre article « Le livret A, halal ou haram ? ».
- Acheter de l’or physique de façon simple et sécurisée grâce au compte Inaia Gold Dinar, dont nous détaillons le fonctionnement dans notre article « Notre avis sur INAIA Gold Dinar ». C’est ce que nous privilégions, notamment pour épargner pour nos enfants, car cela a l’avantage de ne pas être géré par une banque basée sur le riba, et d’être en plus très profitable ! Par exemple, 5 870 € épargnés en or en 2002 valaient 30 000 € en 2022, et cela sans aucun effort quelconque de la part de l’épargnant/investisseur.
Références bibliographiques autour du riba en islam
Pour approfondir le sujet, voici les ouvrages cités ou recommandés dans cet article.
- Al-Fawzan, Sālih. Riba et certaines de ses formes dans l’économie moderne. Ouvrage de référence sur le ribâ, disponible en français.
- Al-Fawzan, Sālih. Al-Mulakhkhass Al-Fiqhi. Dar Ibn Al-Jawzi, vol. 1, p. 29-30.
- Al-‘Uthaymīn, Muhammad ibn Sālih. Commentaires sur les Grands Péchés de l’Imam Adh-Dhahabi.
- As-Sanad, Abdul Rahman bin Abdullah. Massā’il Fiqhiyyah Mu’assirah. P. 544.
- Rich Muslim Club. Propriétaire sans ribâ. Précision importante : ce n’est pas un livre de religion, et il ne prétend aucunement en être un. Il ne traite ni de la définition du riba ni de son statut religieux. C’est notre témoignage et un guide pratique, destiné à celles et ceux qui souhaitent investir concrètement sans riba, avec des solutions qui n’y touchent sous aucune forme.


3 commentaires
Merci beaucoup pour cet article très riche, j'ai beaucoup appris. Barak Allah oufik !
Wa fiki barak'Allah. Nous en sommes ravis, alhamdulillah.
Merci beaucoup pour cet article très riche , j’ai beaucoup appris. Barak Allah oufik !
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